Olivier Huard vit et travaille à Marseille.

Il explore depuis plus de vingt ans, une vision, fruit d’une lente décantation. Après des études de sciences économiques en France et à l’étranger, il fait des rencontres décisives : l’art rupestre découvert grâce à un grand-père archéologue, des visites dans l’atelier d’Alain Diot, et des résidences d’artistes au Japon.

Opiniâtre et déterminé, l’artiste a forgé lui-même ses outils et élaboré les techniques dont il ressent le besoin, pour fonder une manière très personnelle de travailler.

Depuis quelques années, il mène de front deux types de travaux bien distincts.

«  « Les papiers scarifiés » sont la conséquence d’un accident. A l’époque, je voulais récupérer une petite peinture sur papier, je me suis mis à la gratter avec la pointe de mon cutter. Tant et si bien que la peinture écaillée et le papier attaqué par la lame ont laissé des traces dans le papier, je faisais remonter le blanc du papier arraché à la surface de la peinture … »

Là, se pose l’invention comme idée, comme recherche d’un accident qui produit une image et qui fait le progrès paradoxal de l’œuvre.

Depuis l’artiste à affiner sa technique, en utilisant un outil aussi rudimentaire qu’une lame de cutter ; il cherche la nuance. Le papier auquel sont arraché des centaines de millier de points capte la lumière. Dans ce travail, les références convoquées font le grand écart, entre les vibrations de la surface qui peuvent faire penser à des peintures impressionnistes ou des gravures rupestres jusqu’à la matière de la surface qui pourrait évoquer les sculptures trouées de Tony Cragg, ramenant l’objet à l’état d’archéologie.

Quant aux peintures, c’est la praxis qui doit gagner sur la pensée.

L’artiste connait bien ses prédécesseurs, ils les butinent, de Courbet à Baselitz, de Lascaux à Basquiat, du Quattrocento aux écrits de Dubuffet, en passant par le douanier Rousseau et Hokusaï. Tous le nourrissent et participent à son envie d’en découdre. Le passé et le présent se confondent.

Olivier Huard vit avec ces images, il est un peintre archéologue. Il déterre ce qui a été enfoui ou ce qui vient de l’être et lui redonne vie en l’intégrant dans l’urgence de son travail, dans la toile en train de se faire.

« J’enfouis d’abord, pour aller chercher ensuite. Le résultat est souvent un télescopage hybride de fragments de motifs auquel j’essaie ensuite de donner formes…J’aime aussi miner mon terrain de jeux ; dans la peinture en réservant des parties jusqu’au dernier moment puis en essayant de réintégrer ces parties au tout ou alors dans les « papiers scarifiés » en me perdant dans l’obsession de la répétition. »

Par ces commentaires sur son travail, l’artiste montre bien qu’il ne s’occupe pas de pastiche. Considérant le chemin parcouru et sa manière très personnelle de travailler comme une façon de se détacher d’un air du temps…

Olivier Huard prend le large.

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